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Marche septennale St Feuillen

2.Benediction_des_Armes_5_.jpgDepuis le XVe siècle, les Fossois ont organisé dans les campagnes avoisinant la ville, des processions des reliques de saint Feuillen, pour être préservés des fléaux de la guerre et des calamités naturelles, ou pour obtenir un climat favorable à la culture des céréales. Au XVIe siècle, ces processions furent escortées par des milices urbaines dont la mission habituelle était de garder les portes de la cité et de maintenir l’ordre en ville. Ces milices, composées d’archers et d’arquebusiers devaient protéger les reliques contre les brigands et les iconoclastes qui sévissaient dans la région. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les archers et les arquebusiers furent remplacés par les habitants de Fosses qui enfilèrent d’anciens uniformes militaires pour accompagner les processions non plus dans le but de protéger les reliques, mais pour rendre un hommage solennel à leur saint patron.

C’est en 1635, après une épidémie de peste que les chanoines et les bourgeois de Fosses s’engagèrent, pour la première fois, à organiser, tous les sept ans une grande procession aux reliques de saint Feuillen. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours. La marche septennale de Saint Feuillen est une des plus anciennes et des plus prestigieuses marche militaire de l’ Entre-Sambre et Meuse. Elle se déroule sur trois dimanches. Le dernier dimanche de septembre est le grand jour de la procession. Plus de 3000 soldats de Fosses et de ses hameaux, mais aussi de communes voisines, escortent le buste et la châsse de saint-Feuillen, au son des fifres et des tambours, avec forte décharges de mousqueterie. Après un dernier défilé d’honneur pour la rentrée en ville, le cortège se termine par le « Feu de file », tradition typiquement fossoise : chaque soldat vient tirer une dernière fois devant la statue de saint Feuillen, au portail de la collégiale.

8.Descente-Greffes-_1_.jpg

 

Les Chasseurs de la Garde

Chasseurs_a_cheval.jpgUne compagnie de Chasseurs à cheval s’est constituée à Fosses en 1975 ; elle participa pour la première fois à la Saint-Feuillen en 1977, avec chaque fois une douzaine de participants en prestigieux uniforme : kolback (bonnet à poil), dolman (veste) vert, pelisse (rouge) sur l’épaule ; bottes à la hussarde ; ceinturon, sabretache, sabre. Un officier porte le drapeau qui doit être le seul "guidon de cavalerie" de l’Entre-Sambre et Meuse.Cet uniforme du Premier Empire fut porté de 1800 à 1815 par les Guides de Bonaparte sous le Consulat, devenus en 1800 les "Chasseurs à cheval de la Garde".

Chaque jour, ce régiment fournissait à l’Empereur un escadron d’escorte, en résidence ou en campagne. Ils chargeaient dans les batailles avec les Grenadiers à cheval et se sont distingués à Marengo, Ulm, Eylau, Wagram, Moscou.

À Austerlitz, ils chargèrent la Garde impériale russe et firent prisonnier le prince Rapnin.

C’est à eux que revient l’honneur d’ouvrir le cortège de la Saint-Feuillen.

 

Les Grenadiers

Grenadier.jpgÀ l’instar des "Grenadiers royaux" de Louis XV, dont 7 régiments furent créés en 1745, il existait dans la Marche Saint-Feuillen de 1770 déjà une compagnie de Grenadiers. Leur uniforme -et il est curieux de noter que des "marcheurs" fossois aient porté la tenue de régiments contemporains- évolua pour copier, après celui des Grognards de Napoléon, l’uniforme de la Garde impériale, ces vaillants soldats qui furent de toutes les campagnes de l’Empereur, de Madrid à Moscou. C’est sans doute à la fin du siècle dernier (en 1886 ?) que cette compagnie prit le nom de "XIVe Brigade".Précédés d’un fort groupe de Sapeurs, portant hache, fusil et tablier de cuir blanc (et souvent la barbe !), un détachement dont tous les membres appartiennent peu ou prou à la même famille Dumont, les Grenadiers de Fosses se distinguent de nombreux autres marches de la région par leurs hautes guêtres de cuir noir, montant jusqu’aux genoux ; ils portent le haut bonnet à poil garni à l’avant d’une aigle impériale de cuivre, avec plumet rouge ; l’habit gros-bleu, avec épaulettes rouges (dorées pour les officiers) a des parements rouges aux manches ; le plastron boutonné et le pantalon sont blancs ; giberne, havresac, "coupe-chou" (sabre briquet) et le fusil à baïonnette complètent l’équipement.

Le drapeau, aux couleurs françaises, est surmonté d’une aigle impériale dorée, et porte, au centre, le "N" de Napoléon, en fil d’or, la mention "XIVe Brigade" et les noms des batailles célèbres : Eylau, Austerlitz, Iéna, Wagram et Ligny. Il date de la Saint-Feuillen de 1963, mais il eut des prédécesseurs : l’un de 1928, un autre plus ancien encore. Habituellement, la Compagnie est emmenée par un "Napoléon" et une importante escorte d’officiers à cheval.

 

Les Mameluks

Mameluk.jpgDans son rapport de la Saint-Feuillen de 1816, la curé-primaire Florenville cite parmi les groupes des "Mameloucks" superbement vêtus. Ils figuraient encore dans la septennale de 1858, mais rien ne dit qu’ils étaient fossois.En 1988, une Compagnie de Mameluks de la Garde impériale se forma à l’initiative de quelques anciens tromblons ; ils étaient une trentaine à la Saint-Feuillen de 1991 et ils ont participé à diverses sorties depuis lors.

Le mot "mameluk" est la forme passive du verbe arabe "malaka" qui indique la notion de possession : il s’agissait, au début, d’esclaves turcs formant une milice d’élite dans l’armée égyptienne, dès le XVe siècle. Lors de sa campagne d’Egypte, Bonaparte défit l’armée des Mameluks en 1811, mais réussit à s’en rallier les rescapés qui le suivirent en France et, dès 1803, formèrent une compagnie de la Garde consulaire, impériale en 1804. Ils étaient rattachés aux Chasseurs à cheval. Mais nos Mameluks fossois sont à pied.

Leur uniforme est vraiment particulier et haut en couleurs : le cahouk est un chapeau enturbanné rouge à galons et aigrette blanche pour les officiers, noire pour les soldats ; le yaleck est une chemise à col fermé recouvert d’une petit gilet, le fermelet, rouge et vert pour les officiers, rouge et bleu pour les soldats ; le charoual est un pantalon rouge, très ample, recouvrant des bottillons. L’arme est un tromblon, petit fusil court à gueule évasée ; les officiers portent un sabre court de style oriental et un poignard.

L’étendard est un carré fixe aux coins bleu-rouge, le centre en carré blanc sur pointe avec étoile et croissant d’or et la mention : "Compagnie des Mameluks - 1988 - Fosses-la-Ville". La hampe est surmontée d’une aigle d’or.

 

Les Congolais

Congolais.jpgMais que viennent donc faire des Congolais dans la Marche Saint-Feuillen ?En fait, il s’agit des Tirailleurs d’Afrique, qui furent incorporés dans l’armée française sous le Second Empire. En 1879, un groupe de fossois eut envie de fonder une nouvelle compagnie ; ils envoyèrent deux des leurs à la recherche d’un uniforme original, "du jamais vu" à Fosses. Et chez un fripier de Philippeville, les émissaires trouvèrent un lot d’uniformes de Tirailleurs d’Afrique, qu’ils exhibèrent fièrement à la procession du 28 septembre. À la septennale suivante, en 1886, ils prirent le nom de "Congolais" car l’année précédente le roi Léopold II venait de donner le Congo à la Belgique. Et pour nos fossois, Afrique ou Congo, c’était pareil !

En 1900, les membres renouvelèrent les uniformes en remplaçant la chéchia d’origine par un képi pour tous. Veste et gilet sont bleu foncé à galons jaunes (d’or pour les officiers), le pantalon est bleu-roi galonné de même ; la ceinture de toile est rouge et les guêtres blanches. Fait curieux : l’année suivante, les authentiques Tirailleurs d’Afrique changeaient aussi leurs guêtre de cuir jaune en guêtres de toile blanche ! Nos marcheurs fossois avaient anticipé sur l’histoire !

Le drapeau est bleu, galonné de jaune avec au centre une étoile d’or : le drapeau congolais de l’époque coloniale. Une chanson rappelle d’ailleurs le courage des belges partis pour le Congo porter la civilisation. Depuis 1879, les Congolais n’ont manqué aucune Saint-Feuillen mais en outre ils ont aidé plusieurs marches des environs se recréant en devenant annuelles : Bambois, Sart-St-Laurent, Nèvremont, et ils effectuent deux ou trois sorties chaque année. La moyenne d’âge (35 ans) est une des plus basses de toutes les compagnies fossoises.

 

La Musique des Volontaires

Musique_des_Volontaires.jpgDes musiciens (fifres et tambours en tout cas) accompagnèrent les escortes militaires des processions dès les débuts, et à Fosses ils sont notés lors de la création du "Serment des arquebusiers" en 1566. La première mention d’une fanfare date de la sortie de 1815, mais était-elle fossoise ? En 1844 se créait à Fosses une Philarmonique dont serait issue cette "Musique des Volontaires" ; en 1879 on utilisait encore la dénomination "Société d’harmonie de Fosses" mais... ils étaient déjà tous "volontaires" !Les musiciens portent l’uniforme des Voltigeurs du Second Empire : veste et pantalon droit bleu foncé, boutons dorés, ceinturon noir, épaulettes et fourragères rouges, et sont coiffés d’un shako bleu à bande dorée, surmonté d’un plumet blanc. Les officiers portent un gorgerin d’argent, ceinturon, épaulettes et fourragère d’or. Le drapeau actuel date de 1991 mais on sait qu’un précédent avait été offert à la Musique en 1936 par Mme Delmotte-Lemaître, mécène fossoise (elle offrit aussi à Fosses un carillon, le kiosque, des bancs,...). La Musique des Volontaires de Saint-Feuillen a toujours montré le plus grand enthousiasme dans des participations aux septennales, apportant, en variante aux batteries de tambours et fifres, des échos sonores déversés à profusion.

 

Les Zouaves

Zouave.jpgComme les Congolais (Tirailleurs d’Afrique) et les Tirailleurs algériens, les Zouaves appartiennent à ces contingents d’Afrique du Nord incorporés dans l’armée française, mais au lieu du bleu, la couleur dominante est le rouge : la veste-boléro est bleu foncé à galons rouges, la ceinture bleue, le pantalon bouffant rouge à galons bleus ; la chéchia est du style bonnet, rouge à pompon bleu. Pour les officiers, le pantalon est droit et les galons dorés. Une compagnie de Zouaves est signalée dans la Saint-Feuillen de 1858 : il est probable que l’idée de la création de cette compagnie revient à Pierre-Alphonse Jacquet, un fossois qui avait participé avec ce régiment français à la guerre de Crimée et à la prise de Sébastopol.

Un drapeau, aux couleurs françaises, porte la mention : "Compagnie des Zouaves de Fosses-1936" ; il fut remplacé en 1970 par un autre qui mentionne les dates 1856-1970. La formation reçut le titre de société royale en 1956.

La localisation de cette compagnie fut longtemps le quartier de Saint-Roch pour la plupart de ses membres.

Une rivalité très ancienne oppose les Zouaves aux Grenadiers : peu avant la Saint-Feuillen de 1886, les Grenadiers apposèrent à la façade de leur local une peinture montrant un Grenadier terrassant un Zouave. La riposte ne se fit pas attendre : quelques jours plus tard le local des Zouaves s’ornait d’un tableau montrant un Zouave écrasant du pied la tête d’un Grenadier, tandis que deux autres grognards s’enfuyaient... Le titre était évocateur : "À l’honneur vengé"...

 

Les Tromblons ou Hulaux

Hulaux.jpgLe terme "ûlau", du verbe wallon signifiant hurler, proviendrait de ce que les armes de cette compagnie, des tromblons (fusils courts à gueule évasée) font hurler la poudre. Et il est vrai que ces tromblons ont la spécialité de tirer des coups de feu pareils à de petits canons !

Vers 1800, Bonaparte avait doté de ces armes ses Mameluks ramenés d’Egypte.

La Compagnie des Mameluks fossois, signalée dès 1858, devint celle des "Hûlaux" au cours du XIXe siècle, en tout cas dès la Saint-Feuillen de 1886.

Les hommes de troupe portent la veste bleue à épaulette rouges en laine, et un pantalon droit de toile blanche ; ils sont coiffés d’un shako à pompon rouge. Les officiers ont les galons dorés et le plumet blanc au képi.

Les Tromblons forment souvent, dans diverses marches d’Entre-Sambre et Meuse, le dernier rang de la Compagnie, et sont souvent les plus âgés, encore que de nos jours l’âge n’a plus d’importance ; il reste que cette arme est dangereuse à manier et souvent chargée à outrance : il n’est pas rare qu’au moment du tir (le tromblon n’est pas levé sur l’épaule comme pour les autres marcheurs, mais tenu à l’horizontale, à deux mains, appuyé sur le genou), l’arme échappe des mains du tireur et tombe à terre plusieurs mètres derrière lui !

Le drapeau des Tromblons porte la date de 1963 ; il est aux couleurs fossoises, rouge et vert. La Compagnie des Tromblons ferme toujours la Marche de Fosses.